Il reste quatre matchs. Quatre matchs pour transformer une campagne en dents de scie en billet pour le Final 8. L’équipe de France masculine de volley-ball pose ses valises à Chicago avec une question simple en apparence, redoutable dans les faits : suffira-t-il de gagner pour continuer l’aventure ?

Le décor plante déjà le suspense

Deux titres consécutifs en 2022 et 2024, une couronne olympique toujours autour du cou, et pourtant un statut de favori qui s’est sérieusement effrité depuis Ottawa. La faute à un groupe volontairement rajeuni en ouverture de saison, jeté dans le grand bain face à l’Italie championne du monde, puis confronté à trois adversaires qui n’ont laissé passer aucune approximation. Le message d’Andrea Giani à ses jeunes pousses tenait presque du rite initiatique : découvrir, en pleine compétition, ce que signifie réellement jouer au sommet.

Orléans devait remettre les pendules à l’heure. Le public tricolore a bien vu son équipe s’arracher, au prix de deux victoires en cinq sets qui ont autant rassuré sur le mental du groupe qu’elles ont interrogé sur sa capacité à conclure sans trembler. Un bilan qui laisse les Bleus ni tout à fait dans la course, ni tout à fait hors jeu, à l’abord de la dernière ligne droite.

Le piège Chicago

C’est là, dans l’Illinois, que tout se joue vraiment. Le Brésil pour ouvrir le bal, la Chine dans la foulée, puis la Pologne et la Bulgarie pour refermer la phase de poules. Quatre adversaires, quatre profils différents, et une seule certitude : il n’y a plus de match à perdre sans conséquence.

La mécanique de qualification a ceci de vicieux qu’elle récompense la régularité plus que les coups d’éclat isolés. Sur les dix-huit nations engagées, seules les huit premières du classement général rejoignent le Final 8. Une exception toutefois, la Chine, pays hôte, y est assurée d’une place quel que soit son parcours. Concrètement, si les Chinois terminent en dehors du top 8, c’est la neuvième équipe qui hérite du strapontin. Un détail qui change tout pour une France qui navigue précisément dans cette zone grise du classement.

Et il y a un second tableau à ne pas perdre de vue. Chaque set remporté à Chicago vient aussi nourrir le classement mondial FIVB, celui-là même qui conditionnera la route tricolore vers les Jeux de Los Angeles. Autrement dit, même dans le scénario noir d’une élimination du Final 8, ces quatre matchs continueront de compter pour un objectif à plus long terme.

Les armes du dernier carré

Antoine Brizard, tout juste installé dans son costume de capitaine, devra composer une équipe capable de hausser le ton contre des cadors historiques du volley mondial. À ses côtés, le vice-capitaine Trévor Clévenot apporte l’expérience des grands rendez-vous, pendant que Stephen Boyer revient auréolé d’une saison pleine au Japon, sous le maillot d’Osaka. De quoi muscler une attaque tricolore qui devra frapper fort, et vite, pour ne pas se laisser distancer.

Reste une question qui plane sur tout Chicago : ce groupe tricolore, encore en rodage il y a un mois, a-t-il déjà emmagasiné assez d’automatismes pour signer quatre sorties de haut vol d’affilée ? La réponse commence à s’écrire dès le premier match face au Brésil.

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